Dernières nouvelles sur le front de l'acouphène

Conseils de non-achat

Noël est déjà là, et voilà deux choses qu'il ne fallait pas prendre :

- Le livre-disque de Prince "21 nights", autocélébration pathétique d'un artiste fatigué, il n'y a qu'à écouter le live qui est inclus avec ce livre de photos photoshopées pour s'en convaincre, Prince fait chier, est prétentieux et l'est trop pour même être kitsch. Nul, sans retenue : débalage indécent de photos brillantes d'un côté, débalage indigent de solos de funk mou et de chansons faciles dans l'autre.
Le fan de Prince oscille toujours vis à vis de ce genre de merde entre fermer le yeux ou hurler. Les autres essayent de comprendre ce qu'on arrive à trouver de positif chez cet artiste.

- le dvd de Gaaaad. Parce que stratégiquement c'est idiot de l'acheter : qu'allez vous emprunter à vos amis ensuite ? A moins que vous soyez vraiment vicieux et que vous ne vouliez pas que ce soit eux qui vous empruntent quelque chose.

Vous souhaitant un Noël modèle Brian Setzer's Jingle Bells

 

22.12.08 16:37, Commenter

Article symétrique.

Phénoménal en Live / Mou sur disque : rPhoebe Killdeer



J'ai vu cette fille à France Inter, pour le Pont des Artistes, le même soir que Christophe, et j'ai été soufflé : une voix très puissante, rock qui pue le crotale, et dont la disto sent la poussière, le sable et la saloon (version image d'épinal). Pas ultra original, mais à part. Allez la voir, et allez y en cheval.



Phénoménal sur Myspace / Moyen sur scène : rPilot



C'est en entendant ce genre de groupe que j'en veux - vraiment - à Rock'n'folk de ne pas faire son boulot. Ils enregistrent en ce moment, mais même leurs 7 titres auto-produit est une petite perle, qui vise au delà des années 80, 60 ou 70, c'est exigeant, fiévreux, et c'est d'époque : entre samples et gros rock.

Pour un groupe parisien, c'est rare

20.11.08 11:42, Commenter

Bashung à l'Elysee Montmartre - Dimanche 23 octobre

Bashung a toujours eu un pied dans un autre monde. Comme Christophe, comme Murat, Higelin, Nino Ferrer, tous embarqués dans un rock bizarre, poétique, totalement raté même parfois. Les seuls moments où le rock apparaît vraiment français, sans forcer la ressemblance avec les anglo-saxons, sans forcer le poète maudit et beuglant. Ces derniers temps, cet autre monde était inquiétant pour lui.
Le temps de 6 dimanches à l'Elysée Montmartre, on vient prendre des nouvelles d'Alain. Il fait une tournée, alors qu'il a choppé un putain de cancer. Le geste est magnifique, et lui pas encore prêt à mourir en légende.

En fait de légende un peu prévisible, on aura un acteur : à chaque chanson, Bashung se métamorphose, et recommence une nouvelle histoire. Les mains se baladent, paumes ouvertes vers le public, pour raconter un conte où il est mage puis sorcier, apache, novice. Sa musique est folle, entre riffs tordus, et glissés subtils de violoncelle. La salle est tendue, attentive, presque exclusivement de plus de 40 ans, on est très loin des fans, du merchandising, de la tournée promo. On ne vient pas voir la tournée "Bleu pétrole", on vient voir Bashung.

Il y a du rock. Des grosses guitares, des accès de rage, mais elles se teintent d'une maturité inquiétante : la guitare griffe subitement, le violoncelle est bruitiste, et par dessus Bashung mâche les mots comme une incantation.
Pendant que son guitariste ressemble à un rescapé des années 80, lui fait penser à un blues brothers dont les plombs auraient sauté, bouche ouverte, comme touché par la grâce. On s'attendait à un bastion, un rockeur tendu et inquiet, tendance poète à la ligne dure, mais c'est une présence tranquille, un ami qui passe : loin d'une quelconque promotion, et même loin de faire sentir une distance entre lui et le public.
Honnête au point de se montrer maigri et chauve sur les affiches, Bashung ne cache rien : la voix est pure, puissante à en couvrir toute la salle, et déchirante quand la musique n'est qu'une légère toile de fond. Tout passe, Joséphine, J'passe pour une caravane, le superbe Fantaisie Militaire, l'inquiétant Samuel Hall, les divagations de l'Imprudence, Bashung fait défiler tout un répertoire de poésie rock, avec une simple élégance, mixant le vieux et le tout récent comme dans un Best-of de luxe.
Il a ouvert avec Comme un Légo, seul à l'acoustique, et referme en laissant le groupe jouer, comme un générique qu'on laisserait tourner. Tournant le dos au public, et repartant lentement vers les coulisses, Bashung reviendra quelques minutes après, sur Night In White Satin, seul à l'acoustique. 3 minutes de majesté en plus. 2h pour oublier que "le rock français n'existe pas".

7.11.08 16:11, Commenter

Le Rap c'était mieux avant - retour sur les concerts de NTM

Un tour dans Chatelet les Halles. Et un T-shirt à toutes les boutiques : Le Rap c'était mieux avant.

Le même, au concert du 18 septembre, Suprême NTM le retour : dans la salle on croise du slim, du sac à pouffe (ou de la pouffe à sac, comme vous voulez), des gens apprêtés, des trentenaires. La proportion de rockeurs est surement impressionnante. Pour tous ceux là, j'imagine que le Rap c'était mieux avant : depuis NTM, il n'y a presque rien eu, ou alors peut-être qu'il n'y avait qu'une seule place à prendre.
Dans la salle, aucune caïllera. Nada.

Pendant plus de 2h, on aura la fausse impression dans Bercy de vivre un moment historique, un retour triomphal : tous les ingrédients seront là, l'énergie, les chansons, la mise en scène, mais le public est mou, comme paralysé par l'enjeu, juste content d'être là, surtout d'avoir sa place. Le combat s'est terminé une fois qu'on a passé la porte de Bercy.

Le logo suprême NTM qui était drôle, prétentieux, exagéré, a fini par coller à l'image du groupe, à être stylé, historique, légendaire. Les dents en or de Joey Starr font l'admiration de tout le monde, et les pétasses qui viennent se trémousser sur scène ont même l'air de plaire. Toutes les chansons sont devenues intelligentes, bien vues, annonciatrices. Moi je les voulais provocantes, dures, violentes, connes même. Et j'aurai voulu voir une salle où le public serait métissé, au bord de l'affrontement, avec un groupe qui fasse exploser ces tensions larvées, et rugir tout le monde à l'unisson.
Pas de banlieue dans Bercy. Pas de danger, mais pas d'ambiance.

La violence des basses, et la marée sonore en deviennent injustifiées, comme Rage Against The Machine il y a quelques mois, il n'y a plus de combat derrière, plus de souffle. La forme est encore là, mais entre temps, tout ce que fait ce groupe est devenu standard, connu et attendu : on est venu pour l'image d'épinal, pour le cri guttural de Joey Starr - ce monstrueux "du bruuuuuuit" -, on est servis.

Mais quand on rentre après ce concert, on est juste prêt à passer à autre chose, heureux, mais juste d'avoir épinglé un grand nom de plus sur une liste culturelle.
Du choc musical ou politique, on n'aura rien.

Pour ceux qui n'y étaient plus, qui gardent le souvenir du NTM d'avant, avant 2008, peut-être même avant 1998, le Rap c'était mieux avant aussi : Quand le public était aussi déchaîné que le groupe, et que l'on était plus proche du punk que de la chanson française. C'est sûrement utopique de penser que le groupe a été comme ça, c'est une part de la légende, mais c'est ça ou Abd Al Malik.

7.11.08 15:37, Commenter

Fatwa & déguelis

Le chanteur "qui fait autant rêver qu'un fonctionnaire des postes" (dixit Benjamin Biolay, qui défonçait sévère ses petits camarades il y a un an dans Technikart) a encore frappé : Benabar revient. Et c'est l'occasion ou jamais de dire que je ne l'aime pas, que son dernier single est une douce merde, consensuelle et sans musicalité.
Ca soulage, merci.

A part ça, je remarque qu'entre le dernier Metallica qu'on dit monumental, et le prochain AC/DC qui s'annonce pas mauvais, on en arrive à ce qu'on attendait plus : le revival hard. Après le son pourri du garage 60s, le temps est venu pour les solos couillus, et les chansons à refrains tapageurs.
A voir le dispositif marketing sur le site d'AC/DC, on se dit qu'il y avait tout une population de nostalgique qui va enfin être satisfaite.

Ah et oui. Philippe Manoeuvre se fend d'un petit communiqué dans le dernier rock'n'folk : il semblerait que Rock en Seine ne lui plaise plus. Il y a -dit-il, le fripon- peu de rock dans ce festival, trop peu, quand on sait que des membres des Naast, Second Sex etc y trainent sans pouvoir y jouer. Fin de presque citation.
Dans la vie il y a des journaux payés à trainer les gens dans la boue, et puis il y en a d'autres qui portent aux nues, et s'acharnent. D'habitude, les seconds sont des gratuits à la sortie du Métro.

Philippe, tu fais de l'acharnement thérapeutique sur un malade qui est en phase médiatique terminale depuis des mois. C'est triste à ton âge. Et lassant.
Un projet d'hommage : "Ci-gisent des dizaines de groupes, tués par les journalistes, une drogue dure qui leur a donné la vie, puis la mort. Que leurs histoires soient une leçon. N'oublions jamais"

1.10.08 15:24, Commenter